Spitzer : DJ’s – Producteurs / Lyon

 

Deux frères qui font de la musique, c’est forcément deux frères qui s’échangent les groupies lors de soirées, deux frères qui prennent de la drogue, qui nagent dans leur vomi après un set, deux frères qui se battent et qui se réconcilient. Mais en fait non, ce n’est rien de tout cela. Les Spitzer ne font rien comme les autres. D’ailleurs quand ils décident de faire une interview, ils ne la font pas ensemble. La faute à Damien. Mais comment leur en vouloir ? Au fond on aimerait tant leur ressembler. Faire de la musique c’est cool de nos jours, mais la faire comme ils la font c’est encore mieux. En me rendant chez eux j’avais L’amour à la plage de Niagara dans la tête, après, je crois que je ne m’en souviens plus. La faute à Mathieu.

 

Quand est-ce qu’est né Spitzer ?

Spitzer est né il y a un bout de temps, sous cette forme là, il y a 4 – 5 ans maintenant. Avant ça nous avions une formation de musique plus classique, moi j’ai une formation de guitare depuis que j’ai 8, 9 ans, mon frère a fait de la batterie depuis à peu près le même âge. Et on avait un groupe de rock, pendant 8 ans, quand on était jeunes. Donc on s’est dit qu’il fallait continuer à faire de la musique, mais on ne savait pas trop sous quelle forme à l’époque, et du coup de fil en aiguille on a acheté des machines, on voulait avancer plus vite. Du coup on a commencé à bosser tous les deux, avec un pote, qui commençait à s’intéresser à ce qu’on faisait, de loin. C’était un super pote à l’époque il était stagiaire à Nuits Sonores pendant la première édition de Nuits Sonores.

 
Et c’est qui ce pote ?

Ce pote en fait c’est Pierre Marie Ouillon, qui est important pour la suite de l’histoire. Donc lui il était stagiaire à Nuits Sonores. Jusqu’au jour où je reçois un mail d’un blog tenu par une fille qui habitait New York et qui travaillait chez Modular, un label australien. Elle voulait un de nos sons. Et a la suite de sa chronique, c’est allé super vite, on a eu des propositions de signatures de grosses majors américaines et on a eu surtout la proposition d’un remix de Kylie Minogue. Ce remix nous a permis de tourner dans le monde entier pendant un an et demi. On a joué en Australie, aux États-Unis, en Chine.

 
Parce qu’en fait vous dépendiez de qui quand vous partiez comme ça en tourné ?

Et bah justement, là on a un booker à Lyon qui est Arty Farty, qui est l’association qui organise Nuits Sonores. Et notre pote du début Pierre Marie, s’occupe aujourd’hui de la programmation, du booking des Nuits Sonores. A l’époque quand nous on avait fait notre remix pour Kylie Minogue, tout le monde avait un peu halluciné. D’autres propositions se sont enchaînés, mais dans l’état qu’était Spitzer on a un peu senti que ça avait aucun sens de signer sur un gros label.

 
Mais cette fille en question elle dépendait d’un label en particulier ou c’était un blog qui dépendait de Modular ?

Ah non non pas du tout c’était vraiment un blog complètement indépendant. Et puis il y a eu la rencontre avec Agoria pendant une tournée en Chine. On ne le connaissait pas trop, on savait qu’il venait de Lyon. Il nous avait déjà vu jouer à Nuits Sonores en 2009 je crois. Il a commencé à venir nous voir, à s’intéresser à nous. Il nous a demandé de produire un remix pour le label InFiné, pour un de leurs artistes qu’il s’appelle Aufgang. Le remix est sorti en vinyle, ça a eu un assez bon effet. Du coup ils nous on fait une proposition. Étant donné notre culture rock on s’est dit avec Dam’ autant qu’on bosse sur un album, de toute façon c’est ça qui nous parle le plus. Là il s’est passé une période d’un an et demi deux ans, on a fait des dates et on a pu sortir notre maxi Roller coaster sur InFiné.

 
Comment se passe la relation entre vous et le label InFiné ?

On a une totale liberté de travail ! On fait vraiment ce que l’on veut, on a au moins cette chance là. Ils suivent tout de même notre travail et donne le plus souvent un avis extrêmement pertinent. C’est toujours intéressant de pouvoir discuter avec des gens comme ça.

 
Vous travaillez sur quoi en ce moment ?

Et bien là on va sortir notre album pour la rentrée. On pense sortir un maxi pour juin.

 

Tu dis que tu n’as pas été « emballé » par la French Touch des années 2000, du coup au niveau des influences vous vous inspirez de quoi ?

On a des influences vraiment rock. Tu peux regarder tout mes CD c’est que du rock pratiquement ! En fait on écoute quasiment pas d’électro. On en écoute forcément parce que c’est notre génération, mais c’est vrai qu’on est rock avant tout. C’est aussi ça qui nous singularise, qui a fait qu’InFiné s’est intéressé à nous. On a une double culture si tu veux.

 
Vous écoutez quoi ?

C’est large hein… Il y a Tool, on adore aussi Guns N’ Roses, The Mars Volta, Fugazi, Jeff Buckley, Led Zeppelin, y’en a trop !

 

Ça se ressent sur vos morceaux toutes ces influences rock ?

 Notre but c’est vraiment plus de dégager un esprit rock qu’un esprit électro, mais en utilisant une méthode de production propre à l’électro. On enregistre aussi avec mon frère de la guitare électrique et de la batterie pour pouvoir intégrer ce côté acoustique.

 
Justement comment se passe cette collaboration avec ton frère ?

 Super bien ! Comme je te disais, dès le début ça a vraiment collé. La première cession que l’on avait faite, je devais avoir 11 ans et mon frère 9 ans. J’avais ma guitare toute perrave et lui cette espèce de batterie toute perrave ! On tripait quoi !

 
Vous partez en tournée en ce moment ?

Oui. On a fait deux dates la semaine dernière, on a fait Bordeaux et Toulouse. Et y’a pas mal de dates aussi qui sont prévues mais c’est encore à définir.

 

T’as une idée de la soirée Spitzer ultime ?

Moi je dirais soit tu garde le côté électro avec des machines, mais tu essayes de rajouter un peu de scénographie derrière, genre objets en 3D et tout. Soit carrément tu caches davantage le côté électro et tu sors la batterie ou la guitare. Mais au quel cas, c’est deux trucs qui n’ont rien à voir. C’est plutôt un choix que l’on fera plus tard ça.

 
Comment Spitzer a évolué depuis le début ?

 Je ne sais pas trop… L’évolution je la vois pas sur Spitzer en fait, je la vois « avant » Spitzer et l’enchaînement de ce qu’a fait Spitzer jusqu’à maintenant. La musique à prise plein de forme différente dans notre vie, mais le fond est toujours resté le même. Et puis on s’est complètement éloigné de nos instruments avec les machines, et une fois qu’on a signé chez InFiné, on a fait la synthèse de ces deux trucs là. Parce que tu passes par une période ou tu « découvres » l’ordi, et j’peux te dire que cette période là déjà elle fait bien quatre ans !

 
C’est quoi le meilleur souvenir musical de Spitzer ?

En live y’en a deux. Il y a une date aux Nuits Sonores de 2008, et un live à New York au Webster Hall toujours en 2008 dans le cadre de la première tournée américaine de Danger.

[C’est le moment de l’interview première fois j’ai envie de te dire…]

 

C’est quoi ton premier disque acheté ? Ou volé au pire ?

Je ne sais plus trop, ça date ! Le premier disque que j’ai écouté déjà c’est Un Autre Monde de Téléphone, la version 45 tours. C’est mon premier souvenir musical si tu veux, j’me souviens de la pochette et tout… Mais acheté… je n’sais pas… Si tu veux mon père achetait beaucoup de disques et il nous les donnait, donc du coup je n’sais pas trop, je n’arrive pas à me souvenir vraiment du premier que j’ai acheté.
 
Le premier morceau créé en tant que Spitzer ?

C’était un morceau d’électro – jazz je crois. En gros on avait acheté un sampler et on avait une copine à nous qui était chanteuse dans un groupe de jazz.

 

Votre premier concert en tant que Spitzer ?

C’était à la salle Éric Satie à Vénissieux avec notre copine qui chantait.

 

Et en tant que Spitzer comme vous l’êtes actuellement ?

C’était à La Plateforme pour la soirée Vert Fluo en 2007.

 

Le premier groupe qui vous a donné envie de faire de la musique ?

Guns N’ Roses de loin. Et ça restera l’une de nos grandes références. Bon des fois on en fait un peu des tonnes sur eux parce qu’on adore !

 
Un film ?

Pas vraiment. Mais pour la petite histoire, dans Donnie Brasco c’est le cocktail qu’Al Pacino s’envoie pour oublier sa femme ! Nous en fait c’est plus le mot qui nous a intéressés, comment ça s’écrivait, la sonorité que ça avait plus que le clin d’œil au film.

 
Un disque que vous aimez mais que peu de gens connaissent ?

Ah oui il y en a plein… Mais c’est difficile d’en choisir un… Sinon si je devais en choisir plein je dirais tous les albums de Fugazi. C’est un des groupes qui nous a vraiment marqué. Aussi bien justement dans leur façon de gérer leur carrière que dans leur musique. Ils n’ont jamais été des stars les mecs.

 
Et au niveau de la scène musicale actuelle ?

J’aime plein de choses maintenant, mais par exemple en ce moment j’écoute John Talabot. C’est vraiment bien, je conseil vraiment. On adore aussi Joakim, son dernier album est vraiment mortel. Sinon un peu de rock avec Jack White… A l’époque on écoutait Radiohead, et eux en fait ils commençaient à virer électro avec Kid A. Et dans une interview on avait vu que Tom Yorke écoutait Aphex Twin. Et moi j’écoutais beaucoup de CD et j’ai acheté un des premiers Aphex Twin et j’ai halluciné ! Disons que je n’avais jamais écouté de la musique comme ça. Pour moi la musique électro c’était de la musique sans âme. J’avais encore un rapport musique égale instrument. Donc en fait j’ai commencé par écouter tout ce qui se faisait sur Warp. Donc tout le catalogue, de Boards Of Canada en passant par Autechre. Après j’ai commencé à sortir.

 
… et Lyonnaise ?

Je t’avouerais sur Lyon on n’écoute pas grand-chose. Je trouve ça super bien qu’il y ai des gens qui fassent de la musique, qu’il y ai des labels qui se forment etc. Je trouve que Nuits Sonores de ce point de vu là a vraiment bien fait son travail, ça à crée un dynamisme local qui est vraiment intéressant. On ne revendique pas plus que ça le fait de venir de Lyon. Quand on dit que l’on vient de France, pour les étrangers on vient de Paris !

 
Sur l’album il y aura combien de titres ?

C’est difficile de te dire ça maintenant. Nous on était plutôt pour treize morceaux, mais au niveau du label ils étaient plutôt pour dix voir onze morceaux.

 

Combien de collaborations ?

 Il y en aura deux. Déjà Kid A pour garder ce côté doux tu vois, et la deuxième collaboration on a été taper dans le truc inverse ! Un vrai punk tu vois, genre le mec il vit punk tous les jours ! Et au début on s’est dit qu’il n’allait jamais accepter. Et on avait raison parce que la première fois il nous a complètement recale ! Donc ce mec c’est le chanteur de Frustration. On trouvait qu’il avait une pure voix. Et sa copine en fait elle faisait un peu d’électro, et du coup elle a aimé ce qu’on faisait. Elle a insisté auprès de lui. Du coup il écoute, il me dit qu’en fait c’est super intéressant. Moi tu vois je bossais sur un remix des Clash, je lui envoi en fait, et le mec il me répond « moi je suis chaud pour bosser avec vous. Mais JE HAIS JE HAIS JE HAIS LES CLASH ! Ou tout du moins 90% de ce qu’ils ont fait. Je ne veux en aucun cas, de près ou de loin être associé à ce groupe ! ».

Vous avez le nom de votre album ? On ne le dira pas promis !

Oui mais… Personne ne le sait ! Pour l’instant je ne peux pas t’le dire (rires).

 

Les 5 morceaux préférés de Mathieu :

 

- Lateralus – Tool

- Welcome To The Jungle – Guns N’ Roses

- Starman – David Bowie

- Homogenic – Björk

- Druqks – Aphex Twin

 

J’ai vu que vous aviez appelé un de vos titre Avida Dollars. Etant donné que c’est un surnom d’André Breton vis-à-vis de Salvador Dali, on va se mettre du côté des surréalistes et j’aimerais que tu me fasses une petite session écriture automatique…

« Les oiseaux sont assis et chantent sur le track de Tool »

 

Dernière question. Est-ce que vous pouvez juste me montrer les casques que vous portez en concert et qui font de la lumière ?

Les casques ?! Ah ! (rires) le mec complétement hors sujet ! Et est-ce que vous pouvez me montrez votre croix en fait ? Et votre titre Around The World vous l’avez fait comment ? (rires).