Deux amis discutent dans l’herbe, profitant du temps clément d’un des nombreux jours fériés du mois de mai. « L’autre jour je suis allé chez un disquaire et le mec… » (Le coupant) « Chez un quoi? » « Un disquaire… » (Silence gêné) « Un magasin de disques, avec des disques dedans et un mec derrière le comptoir qui sait de quoi il parle. Un disquaire quoi. » (Silence réfléchi) « Mais c’est un truc de l’ancien temps ça non? Genre comme les boulangeries ou les maréchals ferrants » « Maréchaux » « Quoi? » « Un maréchal, des maréchaux » « C’est bon Maître Capello là. Qu’est-ce qu’il a fait ton disquaire alors? » « Bah il a passé un petit disque de derrière les fagots qui m’a scotché ».

C’était donc chez Dangerhouse, 3 rue Thimonier dans le premier. Si je savais au fond de moi que j’aimais la surf music, je n’avais jamais sauté le pas de faire des recherches et trouver du matos à écouter. Donc je vais commencer par les X-Ray Vision, « quintet de la banlieue lyonnaise au son énergique, quelque peu cosmique, parfois exotique ou cinématographique… », comme ils se décrivent eux-même. Et leur LP sorti en vinyle il y a peu est une petite bombe à découvrir pour tous les amateurs de rock qui déménage bien, la classe en plus.
Partagé entre reprises (comme ce thème des « Persuaders » ou « Amicalement Votre » en français) et compos originales, l’album décape sa grand-mère. Ancré dans la tradition surf des 50s/60s, incrusté d’extraits de dialogues de films, rythmé, vous ne pourrez vous empêcher de danser dès que le disque entre dans la platine. Enregistré en live au studio PWL (tiens, c’est bien du même studio qu’est sorti l’album de Mr. Day), le son old-school est définitivement au rendez-vous et on plonge dans cet ambiance science-fiction/suspense/course poursuite ultra-cinématographique en un clin d’oeil. Le téléchargement de l’album ne vous coûtera que 5 minuscules euros sur leur bandcamp et, pour profiter grandeur nature de l’artwork de Der Komissar, le LP ne vous coûtera que 12€ chez Dangerhouse. Ruez-vous petits hommes.
